24 juillet 2009
La légende des aiguilles de Tortisse
Les Anciens frissonnent encore en pensant à cette légende racontée depuis bien longtemps dans la Haute Vallée de la Tinée, car le combat commencé à des époques si reculées qu'oubliées ne s'arrête jamais dans les entrailles de la terre et inquiète toujours les hommes.
En effet, depuis des millions d'années, loin du monde des vivants, des êtres fabuleux et extraordinaires se livrent une guerre titanesque soulevant monts et montagnes.
De mémoire d'homme, en l'an de grâce 625 et 1564, son expression s'est révélée en faisant trembler la terre de telle manière que le village en porte encore les stigmates sur les murs de ses maisons.
Plus tard, en 1887, toujours sans jamais faire de victimes, des dégâts ont encore une fois été de mise : maisons lézardées, cloisons et cheminées renversées... plafonds effondrés sur de la vaisselle brisée...
Par humilité devant un tel déploiement de fureur terrestre, un groupe de villageois est alors descendu par une température de - 5° dans le plus simple appareil, dans l'espoir d'apaiser le chaos, prêts à se sacrifier, à donner leur vie pour sauver les habitants du village présent et à venir.
Car c'est bel et bien eux les démons de la terre, dans la fureur de leurs combats souterrains qui sont responsables.
Aux aiguilles de Tortisse en particulier, deux de ces êtres ont livré une terrible bataille. On en voit encore leurs oeuvres destructrices.
La terre a été renversée, les roches plissées comme de la pâte à modeler. Le bouleversement sous ces Aiguilles témoigne de la violence de l'affrontement.
Car l'arche naturelle tout près des lacs de Vens, c'est en réalité la dépouille de ces deux monstres qui, dérangés par l'intervention des hommes bons, dans leur volonté de destruction aveugle et sauvage ont fusé avec violence de la terre et se sont figés sur le champ pour l'éternité. Ils sont comme pétrifiés dans leur élan de rage ayant oublié que la patience et la douceur l'emportent toujours sur la violence.
Aujourd'hui encore la terre au-dessus du village de Saint Etienne de Tinée bouge, des terrains s'effondrent. Les Titans tenteraient-ils de se remettre à l'ouvrage? Forts de leurs expériences passées les hommes se préparent avec sagesse et gagneront une fois de plus le combat.
11 avril 2009
La légende de l'Elfe rouge de la vallée de la Tinée
Connaissez-vous la légende de l'Elfe rouge de la vallée de la Tinée ?
Au début du siècle dernier, un petit peuple d'Elfes rouges habitait un village perdu dans les montagnes de la Tinée. Le village avait été construit de pierres et de lauzes rouges comme la terre où il vivait.
Mais la vie était si dure que les Elfes n'arrivaient même plus à subvenir à leurs besoins. Ils voulurent donc quitter le village et descendirent la rivière sur des troncs de mélèze jusqu'à la mer pour aller chercher fortune dans les contrées lointaines.
Seul le pauvre petit Elfe rouge, trop âgé pour supporter le voyage, décida de rester dans sa vieille grange en espérant le retour prochain de ses congénères.
Une nuit, un terrible orage détruisit le toit de sa demeure. Au petit matin, transi de froid et désespéré, le petit Elfe rouge se mit à implorer la Mère Nature. Soudain, un battement d'ailes lui fit lever les yeux, un tetras-lyre se posa près de lui.
"Pourquoi pleures-tu petit Elfe ?"
"Je n'ai plus de toit et je suis trop vieux pour le réparer".
Et la Mère Nature, grâce à l'oiseau, ensemença une graine de sureau qui, par magie, germa et poussa en une nuit. Grâce à son feuillage épais il recouvrit la grange pour le protéger de la pluie.
Ses fruits nourrissent encore le petit Elfe qui hante toujours la forêt de la Fracha et le cantoun de Rougios dans l'espoir de revoir ses compagnons.

é Quartier de Rougios, Vallée de la Tinée, Août 2007
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